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Présidentielle : Attal, Mélenchon... pour les candidats, l'atout ou le péril jeune
information fournie par AFP 10/10/2026 à 01:16

Mobilisation lycéenne à Bordeaux le 8 octobre 2026 ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Mobilisation lycéenne à Bordeaux le 8 octobre 2026 ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Gabriel Attal à Lyon samedi, Jean-Luc Mélenchon à Clermont-Ferrand dimanche: deux candidats à l'élection présidentielle se produisent en meeting ce week-end, avec l'enjeu de capter l'électorat jeune, sur fond de mobilisation lycéenne qui a échappé au gouvernement.

Le candidat Renaissance organise un "meeting régional" samedi après-midi à l'Amphithéâtre 3.000 de Lyon. Le lendemain, le quadruple candidat insoumis à l'Élysée, 75 ans, investit le Zénith Auvergne. "Initialement, ça devait être le match avec Attal. Vu l'actualité, ça va être moins le match": Jean-Luc Mélenchon va plutôt "parler du mouvement actuel", explique un de ses proches.

Les hostilités demeurent, déplacées sur le terrain lycéen et étudiant. Dans un entretien au groupe Ebra, Jean-Luc Mélenchon a dit tenir Gabriel Attal pour "personnellement responsable" d'une partie de la révolte car il "a été le rapporteur de la loi créant Parcoursup", la plateforme d'orientation post-bac qui cristallise le mécontentement des lycéens et dont l'Insoumis veut faire "un marqueur de l'élection présidentielle".

Le candidat Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal, le 23 septembre 2026 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Le candidat Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal, le 23 septembre 2026 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Côté Renaissance également, les plans ont été revus: Gabriel Attal, explique son entourage, "axera son discours sur la jeunesse et l'éducation" et formulera "des propositions autour d'un nouveau pacte pour la jeunesse". Et dénoncera son "instrumentalisation" par LFI et son "essentialisation" par le Rassemblement national.

Parti mi-septembre d'un lycée de Créteil, le mouvement lycéen s'est étendu à toute la France. Une source au sein de l'exécutif a rapporté vendredi une "nette décélération", mais une nouvelle journée d'action est prévue mardi.

De quoi scruter attentivement les potentielles répercussions électorales de cet épisode alors que démarre la campagne présidentielle.

Selon un récent sondage Ipsos-BVA Cesi école d'ingénieurs pour le journal Le Monde, le Cevipof, la Fondation Jean Jaurès et l'Institut Montaigne, 41 à 43% des électeurs de 18 à 24 ans certains d'aller voter se prononcent pour Jean-Luc Mélenchon et 20 à 22% pour Marine Le Pen. Gabriel Attal recueille 11% lorsqu'il est testé comme candidat unique du bloc central, et Édouard Philippe 14%.

"Angle mort"

Le candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, le 3 octobre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Le candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, le 3 octobre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

"Une mobilisation sociale des lycéens à sept mois de la présidentielle, on le voit comme quelque chose de positif", explique le coordinateur de LFI, Manuel Bompard. "Nous portons l'ensemble de leurs revendications dans notre programme", ajoute-t-il.

Distancé dans ce sondage, Gabriel Attal, éphémère ministre de l'Éducation et lui-même jeune candidat de 37 ans, ne ménage pas ses efforts envers cette catégorie de l'électorat. "Il y a une dépolitisation de la jeunesse qui s’engage beaucoup moins sur des partis, beaucoup plus sur des causes et il est vrai que certaines causes revendiquées par la jeunesse s'illustrent davantage dans la radicalité des extrêmes", explique son entourage, qui juge que "s’il y en a un qui se démarque par sa capacité à parler à la jeunesse dans le bloc central, notamment sur les réseaux sociaux, c’est bien Gabriel".

Avant d'annoncer des mesures, comme l'arrivée de 3.000 professeurs remplaçants dans les lycées, le gouvernement a d'abord insisté sur les débordements et accusé LFI d'instrumentaliser le mouvement. Lors d'une prise de parole mercredi, Sébastien Lecornu a défendu sa gestion du maintien de l'ordre, renvoyant les décisions à fin octobre. Il a en revanche annoncé des mesures pour la baisse du prix du gazole et la stabilité des prix de l'électricité.

La jeunesse, "c'est un angle mort qui s'explique très facilement. C'est horrible à dire, mais ce sont les plus âgés qui votent, donc on fait les politiques publiques vis-à-vis de ces électeurs", considère Émilie Zapalski, experte en communication politique.

A l'extrême droite, le président du RN Jordan Bardella a axé son discours sur les débordements. "Tu casses, tu payes. Et si tu ne peux pas payer, ce sont tes parents qui paieront à ta place jusqu'au dernier centime. A la place du gouvernement, je serais du côté des forces de l'ordre, par principe", a-t-il expliqué sur LCI. Même tonalité chez le candidat des Républicains (LR) Bruno Retailleau, qui a dénoncé la suspension des grenades assourdissantes.

Édouard Philippe a évoqué jeudi des "revendications légitimes et importantes", sur Parcoursup et sur la santé mentale, après avoir brocardé des revendications autour des horaires des cours et des repas à la cantine.

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